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nevaine de l'immaculée - 8 décembre 2022

5ème jour, 3 décembre

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« Déployer notre 4ème vœu et être protagonistes dans les services de la table où le pain est partagé à tous »

Accueil 

« Émilie voulut en 1850 transmettre son autorité́ de « Bonne Mère » à la Mère Céleste, la  « Très sainte et très auguste Mère du Verbe de vie ». Ce fut un geste plus que symbolique parce que, de cette façon, elle remettait l’accompagnement spirituel de toutes les sœurs actuelles et futures à la sainte Vierge. Être de la famille nommées sœurs de l’Immaculée Conception ne signifie rien d’autre que de partager avec Marie l’accueil inconditionnel du Fils de Dieu dans notre condition humaine ». (En esprit de foi, p.99).

La Sainte Vierge nous accompagne, elle chemine avec nous depuis le début de cette neuvaine. En ce cinquième jour, à travers le thème qui nous est proposé́, Sainte Émilie nous rappelle sa place dans notre mission : « Persuadées que tout apostolat est un mystère de rayonnement divin, les sœurs et les laïcs chercheront le secret de leur fécondité́ apostolique près de Marie, première apôtre, dont la mission fut de donner le Christ au monde à travers une vie de prière, d’effacement et d’humble service. (Const. 1850)

Chant : un grand champ à moissonner 

MrMateo38 : (https://www.youtube.com/watch?v=O_A_TGZ3rCU

Un grand champ à moissonner, une vigne à vendanger
Dieu appelle maintenant pour sa récolte
Un grand champ à moissonner, une vigne à vendanger
Dieu appelle maintenant ses ouvriers

Vers la terre où tu semas le désir de la lumière
Conduis-nous, Seigneur
Vers les cœurs où tu plantas l'espérance d'une aurore
Nous irons, Seigneur

Un grand champ à moissonner, une vigne à vendanger
Dieu appelle maintenant pour sa récolte
Un grand champ à moissonner, une vigne à vendanger
Dieu appelle maintenant ses ouvriers

Vers la terre où tu semas le désir d'un monde juste
Conduis-nous, Seigneur
Vers les cœurs où tu plantas l'espérance d'une alliance
Nous irons, Seigneur

Un grand champ à moissonner, une vigne à vendanger
Dieu appelle maintenant pour sa récolte
Un grand champ à moissonner, une vigne à vendanger
Dieu appelle maintenant ses ouvriers

Réflexion sur le thème

I. Sœurs et laïcs en mission, protagonistes dans les services « de la table où le pain, nourriture corporelle, est partagé à tous »

Le but du processus synodal introduit par le Saint Père, consiste à nous préparer nous-mêmes, nos communautés et nos structures ecclésiales à la communion et à la mission pour lesquelles Dieu nous appelle. Nous devons renouveler notre engagement envers la mission de l’Église. Ce renouvellement est grandement nécessaire en cette période de multiples défis mondiaux notamment, la période post Covid 19, la guerre en Ukraine, la recrudescence du terrorisme et des coups d’État militaires en Afrique avec un climat social instable, des griefs liés à la corruption et au non-respect des droits fondamentaux du peuple par les gouvernements. Partout dans le monde, nous voyons les forces des inégalités économiques croissantes, la dégradation de l’environnement et le changement climatique. (Cf. Un compagnon de poche pour la synodalité : voix d’Afrique, Nairobi 2022)

Nous sommes invités à écouter le Saint Esprit qui nous aide à lire les signes des temps et à remplir la mission de l’Église qui veut donner le pain de la paix, de la justice, de l’égale dignité́, enfin, le pain de l’amour du prochain.

Sainte Jeanne Émilie, femme en mission, femme portant le pain aux pauvres

Pour Émilie, donner le pain aux pauvres c’est d’abord : « Priez beaucoup pour les personnes confiées à vos soins ; donnez-vous à elles sans réserve pour procurer leur bien spirituel ; témoignez à toutes de la douceur, du zèle et du dévouement, sans faire acception d’aucune ; ayez cependant une sainte prédilection pour les pauvres, les petits, les faibles, les affligés... » (Dir. Sp. Ch.15).

Silence

II. Émilie, Femme d’une claire vision missionnaire

L’essentiel de notre 4ème vœu se résume au zèle missionnaire, à la rencontre des pauvres et membres souffrants du corps du Christ quels qu’ils soient. C’est l’option qu’Emilie a faite : annoncer Jésus Christ, au-delà même des frontières de la France.

Émilie, une femme ardemment missionnaire, brûlante de zèle pour le Royaume, dans un contexte historique qui poussait à regarder hors du pays natal et à envisager la première évangélisation chez des peuples qui n’avaient pas encore entendu proclamer la Bonne Nouvelle. Elle ouvre sa congrégation naissante à l’universel. Elle désire partir…

Aujourd’hui, rendons grâce pour les merveilles de Dieu sur notre congrégation qui célèbre 175 ans de présence missionnaire au Sénégal. Relisons ces extraits de la Lettre aux premières missionnaires qu’Emilie leur a adressée.

«Que le Dieu de miséricorde daigne vous parler au cœur, écoutez-le et ne vous refusez à rien de ce qu’il vous demander…

 Quelle mémorable époque, en effet, pour vous ! Vous entrez dans une voie si particulièrement digne de votre reconnaissance la plus intime ! Fût-il jamais de plus sublime mission que celle de faire connaître Dieu, de le faire servir et aimer par âmes qui n’auraient jamais eu ce bonheur. C’est là une grâce de prédiction. La vie proprement apostolique ! O mon Dieu ! Quel immense avantage pour l’âme qui y est Appelée ! »

Bénissons Dieu pour nos missionnaires d’hier et d’aujourd’hui !

Parole de Dieu : Mathieu 14, 13-21

En ce temps-là, quand Jésus apprit la mort de Jean le Baptiste, il se retira et partit en barque
pour un endroit désert, à l’écart.
Les foules l’apprirent et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied. En débarquant, il vit une grande foule de gens ; il fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades.

    Le soir venu, les disciples s’approchèrent et lui dirent :
« L’endroit est désert et l’heure est déjà avancée. Renvoie donc la foule : qu’ils aillent dans les villages s’acheter de la nourriture ! »
  Mais Jésus leur dit : « Ils n’ont pas besoin de s’en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger. »
  Alors ils lui disent : « Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons. »
  Jésus dit : « Apportez-les moi. » Puis, ordonnant à la foule de s’asseoir sur l’herbe, il prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction ;
il rompit les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule.
  Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés.
On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait douze paniers pleins.
  Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille, sans compter les femmes et les enfants.

Réflexion

Jésus connait la faim de ceux qui le suivent, il en a pitié́ mais il ne veut pas agir « tout seul », il demande donc aux apôtres de s’en occuper ! Et ceux-ci n’ont rien ! Finalement ils trouvent 5 pains et 2 poissons, c’est bien dérisoire en comparaison de ce qu’il faudrait pour nourrir toute cette foule ... alors seulement, Jésus va agir à partir de ce « petit rien » partagé et offert. Jésus nous y donne une très grande leçon : lui apporter le peu que l’on a et alors Il en fera de très grandes choses !

Temps de silence et d’intériorisation

  • Devant le minimum vital qui manque à ceux qui nous entourent, quelle est la mission qui nous incombe pour le service de la table ?

  • Devant la crise de l’esprit religieux, de la foi et de la confiance en l’absolu de Dieu dans la mission. A quels défis le Dieu Seul d’Émilie nous appelle-t-il aujourd’hui ?

  • Avons-nous réellement cette foi que Jésus peut faire de grandes choses à partir de notre faiblesse humaine ?

Temps de partage

Magnificat ou prière adressée à la Vierge du pays où nous sommes en mission.

6ème jour, 4 décembre

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"Le regard "immaculé", contemplatif, nous permet de nous découvrir et de nous reconnaître comme sœurs et frères, personnes aimées".

Accueil 

Au sixième jour de la neuvaine, nous voulons découvrir les secrets d'un "regard immaculé et contemplatif". Pour ce faire, prenons un moment pour faire l'exercice suivant.

Tout d'abord, demandons la grâce d'ouvrir nos yeux  au secret d'un regard immaculé, "contemplatif" et libre !

(Placer cette image de façon à ce que tout le monde puisse la voir...)

Des regards qui rapetissent -  Des regards qui humilient - Des regards qui condamnent

" CONTEMPLER DE NOS PROPRES YEUX, POUR  VOIR UN PEU PLUS CLAIR, MÊME SI NOUS TÂTONNONS POUR Y ARRIVER". (CIS II4.1.1851)

Des regards qui jugent - Des regards qui interdisent... accusent.....tuent...

 

Des regards qui ont pitié...  Accompagnent...  Apaisent…   Donnent VIE...

 

Après un moment de silence, nous partageons ce que ces phrases nous invitent à faire.

Il est certain que nos yeux perçoivent les choses d'une manière particulière et que nous ne sommes pas capables de tout voir, ni de tout comprendre. La plupart du temps, ils se produisent d'une manière très différente de ce que nous attendons... 

En quoi consiste donc un regard "immaculé et contemplatif" ? Le mot "in -maculate" signifie "sans tache". Nous pourrions dire qu'un regard sans tache, immaculé, est la capacité d'apprendre à se voir et à se reconnaître "dans notre condition de personne aimée et digne", en acceptant nos obscurités, nos limites, nos fragilités, nos peurs, nos processus de croissance.

Le regard que nous portons les uns sur les autres peut être une source de préjugés (ou de péchés). Souvent, le regard que nous portons les uns sur les autres peut nous aveugler, rendant certains visibles et d'autres invisibles.

 

Chant : María Mírame o Dame, Señor tu mirada (Marie regarde-moi ou Donne-moi ton regard, Seigneur) ou autre de votre choix

Réflexion sur le sujet 

La contemplation ouvre nos cœurs à une forme d'hospitalité qui consiste à écouter et à accueillir véritablement les "autres", sans se concentrer sur ce que nous aimerions entendre ou recevoir. Dans l'espace contemplatif, nous perdons le contrôle de l'autre et découvrons que la meilleure réponse n'est pas toujours en nous. Cela semble très simple, mais cela peut être très difficile.

 

Lorsque nous devenons plus contemplatifs, nous sommes mieux à même de remarquer les différences et de les comprendre, sans leur coller une étiquette péjorative. On apprend à " renoncer à soi-même " (Mt 16,24), ce qui est une condition indispensable pour suivre Jésus.

La contemplation ne nous permet pas d'utiliser des codes agressifs dans notre langage, mais nous adoucit, prépare des espaces de rencontre. Contempler, ce n'est pas être silencieux, cloîtré dans ses pensées : c'est se laisser toucher par l'Esprit, le laisser se déverser dans notre cœur et le transformer (Rm 5,5) Et cela demande une certaine discipline. Il y a synergie lorsque nous nous oublions nous-mêmes et écoutons les autres avec attention et amour". 

Le regard "sans tache" nous éloigne du fantasme de croire que nous pouvons vivre en tant qu'individus isolés, croyant que nous ne faisons pas "partie les uns des autres", pensant que nous pourrions subsister par nos propres moyens, alors qu'en réalité nous faisons partie d'un réseau de vie, de relations. Dans la perspective de l'immaculée conception, apprendre à regarder "sans tache", c'est libérer nos yeux des fantasmes, des préjugés, de la bêtise, pour vivre en apprenant à être frères et sœurs.

  

Sainte Emilie a dit : "Il me semble voir un peu plus clairement ce que je dois faire. Mais j'ai quand même l'impression de tâtonner...... on comprend mieux les choses quand on les voit de ses propres yeux".

Son regard ne s'est pas émoussé vers ses rêves, au contraire, elle a regardé celui qu'elle AIMAIT tant et l'a gardée toujours attentive, observatrice, détaillée, un regard qui a fait naître en elle une nouvelle étincelle qui a allumé une nouvelle vie.

Ses projets émergent d'un regard transformateur, qui conduit à changer ses propres projets pour entrer dans le projet de Dieu. Son regard fixé sur Dieu seul a donné des ailes à ses rêves d'ouvrir des frontières, de construire des ponts dans le cœur des pauvres et des exclus, de leur faire connaître et aimer le Dieu de la miséricorde, plein de tendresse.

  • "Il me semble qu'en ce moment, je vois tout d'un point de vue différent". (NP 53)

  • "Comme j'aurais aimé la voir à mes côtés dans la chapelle, au moins pour quelques instants". (C.SL-II-426) 

  • "Nous sommes très occupés à regarder, examiner et prendre des notes". (CSL-I-75

Emilie tourne son regard pour rendre possible le miracle du bon Samaritain au quotidien,

pour voir l'autre et ne pas passer à côté mais partager généreusement avec les nécessiteux. 

 Parole biblique sur le sujet

Jn. 9,32 : "On n'a jamais entendu dire que quelqu'un ait ouvert les yeux d'un aveugle-né".  

Temps d'interiorisation avec quelques  questions

  • Quel est le message d'Emilie pour ma vie aujourd'hui ?

  • Comment est-ce que je regarde la réalité dans laquelle je vis aujourd'hui ?

  • Comment est-ce que je regarde ceux qui m'entourent ?

Partager ce que nous avons ressenti pendant ce temps de prière

Nous pouvons faire le geste de Jésus et placer nos mains sur nos yeux, en désirant un regard propre, "immaculé".

  

Conclusion

Heureuse es-tu Emilie parce que tu as concentré tes yeux sur Dieu Seul !!!

Nous prions ensemble : " Emilie, enlève les bandes de nos yeux que nous avons tissés au fil des ans, qui nous isolent de la douleur et de la souffrance de ceux qui marchent à nos côtés. Amém

3 décembre
4 decembre

7ème Jour , 5 décembre

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"Écouter la cloche" et sortir pour aller à la rencontre de nouvelles réalités avec un cœur de "Samaritain".

(Note : Quelques symboles pour aider à la prière: bougie, Bible, statue de la Vierge et d'Emilie, cloche)

Accueil

​En présence de Dieu, de Marie Immaculée et de Sainte Emilie, sentons nous accueillis/es et en harmonie avec toute notre famille charismatique en ce 7ème jour de la neuvaine, au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

 

Chant  au choix

Myriamir3 : Je cherche le visage, le visage du Seigneur 

R/ Je cherche le visage, le visage du Seigneur

Je cherche son image, tout au fond de vos cœurs.

1 - Vous êtes le corps du Christ, vous êtes le sang du Christ,

Vous êtes l'amour du Christ. Alors ? ... Qu'avez-vous fait de lui ?

2 - Vous êtes le corps du Christ. Vous êtes le sang du Christ,

Vous êtes la paix du Christ. Alors ? ... Qu'avez-vous fait de lui ?

3 - Vous êtes le corps du Christ. Vous êtes le sang du Christ,

Vous êtes la joie du Christ. Alors ? ... Qu'avez-vous fait de lui ?

 

Réflexion sur le thème

En écoutant sonner la cloche aujourd'hui, nous sommes confrontés à une réalité du monde qui touche et blesse profondément notre être, notre cœur : la faim et la misère qui ravagent des nations entières, la violence et la négligence de la vie, les guerres en Ukraine et dans d'autres pays, l'exploitation et l'usurpation des biens naturels sans le respect minimum de la préservation de la nature dans tous les cas, le pouvoir des armes dans les mains de dirigeants politiques psychopathes, les MCS (moyens de communications sociales) et les médias dominés par les fake news, les différents groupes sociaux qui restent exclus pour des raisons ethniques, financières, de genre et de sexualité.

Le document "Horizons inspirateurs" (H.I.) nous demandait et nous demande encore "d'écouter la cloche" et d'aller à la rencontre des nouvelles réalités avec un cœur de "samaritain", puisque le 4ème vœu est configuré dans nos cœurs, qui nous fait écouter le tintement de la cloche comme une demande pour plus de vie, comme un plaidoyer pour rendre la vie possible pour notre planète.

 

Le texte ci-dessous nous apporte un petit morceau de l'histoire de notre Congrégation, dans lequel nous voyons toute la mobilisation d'Emilie devant la sonnerie de la cloche et les conséquences de celle-ci :

"Après le chant du "Veni Creator", le père Bouix, jésuite, monta sur une chaire improvisée et émut toute l'assistance en montrant, dans l'œuvre nouvelle, le sommet de la charité chrétienne, dont les religieuses de l'Immaculée Conception avaient déjà donné tant de preuves. "Qui pourra compter vos mérites, mes chères Sœurs, s'écria-t-il, quand viendra le jour de payer les ouvriers de la divine moisson ? Ici, une multitude de pauvres filles et d'orphelins abandonnés trouvent en vous des mères pleines de tendresse, dont la charité les conduit à aimer Dieu, que vous leur apprenez à connaître et à servir. ... Un monde barbare ! Après les avoir blessées, ils les jettent impitoyablement dans la rue, laissant aux pieux samaritains le soin de soigner ces plaies répugnantes et de les guérir. Va, rassemble toujours ces pauvres abandonnés ; verse de l'huile et du vin sur leurs plaies et couvre leur nudité de ton vêtement immaculé.

Leur nombre a augmenté rapidement. Une cloche a été placée au sommet du bâtiment. On ne devait sonner que lorsqu'une nouvelle pénitente arrivait pour avertir la Bonne Mère qui, laissant  tout , elle allait recevoir la brebis perdue au nom du Bon Pasteur. Le travail, la prière, les exhortations et l'exemple, tout était organisé pour éveiller en elles la repentance et le retour à Dieu". J. Ribet, p. 142-143 (Inauguration de l'œuvre du Refuge)

 

La parole de Dieu :

Luc 10, 25-37

Lire le texte biblique, prende un moment de silence pour une réflexion personnelle : " et qui est mon prochain ? ".

Le bon Samaritain : icône de la tendresse évangélique.

Lecture de la réflexion : "Et qui est mon prochain" (Lc. 10:29)

L'icône du "Bon Samaritain" présente le voisin "en situation", le voisin concret, historique, qui interpelle et engage chacun dans des choix décisifs, en fonction desquels on montre si l'on est ou non "voisin" du nécessiteux. C'est pourquoi la question initiale est inversée : il ne s'agit plus de se demander "qui est mon prochain". "mais plutôt "pour qui suis-je un voisin et comment puis-je devenir un voisin ? " Le " prochain " n'est pas seulement l'autre pour moi, mais moi pour l'autre.

Il est très opportun de rappeler ici le protagonisme de Marie qui, en entendant l'Ange annoncer la grossesse de sa cousine Elisabeth, la vit proche, dans le besoin, et sortit en hâte pour l'aider (cf. Lc 1, 36-37).

Le "voisin" ne peut pas nous laisser indifférents ; il provoque une réponse, il nous engage à une tendresse concrète, oblative, capable de risque, pour l'aider. La conclusion est un programme de vie. Jésus ne dit pas : "maintenant que vous savez, vous pouvez être rassurés". Il dit plutôt : "Maintenant, allez et faites de même". Dans cette icône, nous avons la grande charte de la tendresse comme réponse au fait d’être des disciples et comme moyen de mettre concrètement en pratique l'amour évangélique.

Tous les personnages de la parabole se définissent pour ou contre l'étranger : il est volé, dépouillé, battu, laissé à demi-mort, pris en pitié, pansé, conduit, soigné ? de voyageur il devient un corps inerte et, abandonné par les uns, il retrouve la vie grâce à un autre.

Le Samaritain voit là, sur la route, un homme en danger de mort ; qu'il soit d'un autre peuple ou d'une autre religion n'a aucune importance. Le bon Samaritain va au-delà des données sociales, morales ou religieuses ; il voit, au-delà des différences, un être humain comme lui, et donc un frère.

Le Samaritain ne se laisse pas conditionner par la "prudence" de continuer son chemin, ni par la peur de s'approcher du blessé ; au contraire, il s'arrête et s'implique dans la situation du blessé : "Il le vit et eut pitié" (un sentiment qui n'apparaît dans la Bible qu'en référence à Dieu et à Jésus) ; il prend le risque de la rencontre et se laisse interpeller par le besoin de l'autre, dont la vie, pour lui, compte plus que de continuer son chemin.

Il y a donc deux façons de voir les choses